EL PENSAMIENTO EUROCENTRICO FRANCES

EUROPÉENNES / DUALPHA / J'AI TOUT COMPRIS -
BRUXELLES / PARIS - MARS 2002

Dear Friends, Guillaume Faye gave recently an interview to the journalist Victor Marck. This interview can be read, as many other interesting contributions on the site on the site of the French political journal "Dualpha", lead by Philippe Randa and Jacques Bordes
References :
http://www.dualpha.com/NewsPub/Stories/2002/03/03/10151851665.shtml

Interview de Guillaume Faye

Je vais commencer par vous citer. Dans la revue Études et recherches, voici quinze ans, vous écriviez que l¹on peut en arriver au point où "une civilisation mondiale désireuse de stabiliser l¹histoire oppose sa volonté conservatrice aux forces qu¹elle a elle-même déclenchées". Selon vous, en sommes-nous là ? L¹Occident, longtemps témoin passif de l¹invasion ethnique, l¹Amérique longtemps complice imprudente des islamistes, ont-ils encore la force d¹âme pour "stopper le cours de l¹histoire" alors que le choc des civilisations est passé du stade de la "guerre froide" à celui de la ³"guerre chaude" ?

Guillaume Faye : Une époque se termine, une autre commence. On ne peut pas prévoir ce qui va se passer : ce que nous savons est que nous sommes à la croisée des chemins, nous vivons la fin d¹un âge de la civilisation européenne. Civilisation qui a connu trois grandes époques : l¹époque antique, l¹époque médiévale, puis l¹époque moderne qui a commencé vers les années 1850. Actuellement nous vivons la fin de cette dernière époque car l¹Europe est envahie par ceux-là même qu¹elle avait conquis alors qu¹elle est en plein déclin démographique. Sur le plan moral, mental, psychologique, toutes les valeurs européennes sont arrivées à terme, diluées dans l¹humanisme et l¹égalitarisme total. La thèse assez hégelienne que je défends est que cette situation est en train de provoquer une catastrophe mondiale qui peut à terme nous régénérer. On ne se régénère pas à froid : on ne peut se métamorphoser qu¹à chaud. La question centrale qu¹on peut se poser d¹une manière dialectique est de savoir si cette catastrophe ­ ethnique, écologique, éthique, etc. ­ que la civilisation européenne a provoquée par sa propre décadence va être l¹occasion d¹une régénération ou d¹une disparition. Actuellement nous sommes colonisés et cette invasion se double d¹un incroyable masochisme de la part des européens eux-mêmes. Or, seule une crise terrifiante ­ que je souhaite, à cet égard ­ peut changer les mentalités collectives, réveiller les Européens. Dans mon nouveau livre, Avant-Guerre, je développe ma thèse de "La Colonisation de l¹Europe", tout en allant au-delà, en dépassant le contexte européen. Car pour moi, à présent que nous sommes entrés de plain-pied dans le choc des civilisations, nous allons vers la troisième guerre mondiale !

Le choc de septembre 2001 a semblé réveiller la capacité d¹analyse de certains médias. Puis, bien vite, Bush a précisé qu¹il ne faisait pas la guerre à l¹Islam, les grands médias Le Monde ou Télérama en France, La Repubblica en Italie, ont consacré toute leur énergie à nous faire connaître l¹Islam, cette religion de tolérance et de culture, si proche et si lointaineŠ La censure est-elle déjà revenue ?

Cette prise de conscience était un frémissement, un battement d¹aile. Quand Bush et Blair disent qu¹ils ne font pas la guerre à l¹islam, c¹est risible. Peut-être qu¹on ne fait pas la guerre à l¹islam, mais l¹islam nous fait la guerre ! Ce n¹est pas vous qui désignez l¹ennemi, c¹est l¹ennemi qui vous désigne ! Ils savaient très bien qu¹ils déclaraient la guerre à l¹islam, qui d¹ailleurs est désigné en arabe par le même mot que l¹"islamisme" : islamiya. Il y a donc eu une petite prise de conscience, mais elle n¹est pas très importante. La guerre que nous fait l¹Islam n¹a pas commencé le 11 septembre 2001, mais dès les années 60. Ce qui est positif, c¹est que les islamistes sont allé trop loin, trop vite : c¹est la mentalité arabe qui veut ça. Ils sont passés trop vite du temps de la paix au temps de la guerre, alors qu¹ils étaient en train d¹envahir les consciences. S¹ils avaient été moins pressés, personne n¹aurait rien vu. Sans doute, pour que les yeux s¹ouvrent vraiment, faudra-t-il un attentat géant : mais je ne crois pas que cela aura lieu tout de suite, ce n¹est pas dans leur intérêt d¹en réaliser trop dans l¹immédiat. Il est possible qu¹il y ait une période de calme. Nous sommes face à un terrorisme qui ne dépend pas d¹une vraie organisation terroriste, mais se déploie suivant la logique d¹une guerre transnationale, en réseaux, et qui va au-delà des seules capacités d¹un groupe comme Al-Qaïda : l¹islam est une multinationale, la guerre n¹est pas territorialisée, ni réductible aux méfaits d¹une seule organisation ! La fin de Ben Laden ne résoudra rien du tout car ce dernier, simple sponsor du djihad malgré sa posture de Prophète, n¹avait fait qu¹applaudir à des actes qu¹il avait sans doute suivis et financés, mais certainement pas organisés directement lui-même !

Quelle stratégie préconisez-vous pour les citoyens qui voudraient se préparer aux conflits futurs ? Certains ont dit que vous vouliez fonder votre propre parti politique.

C¹est idiot ! Cela limiterait mon audience. Cela va totalement à l¹encontre de mon analyse actuelle, car je préconise un travail en réseau. Il est certes nécessaire qu¹il y ait des partis pour faire de l¹agit-prop. Mais l¹important est le réseau, à l¹échelle européenne, sans gourou ni chefaillon ! Fonder sa petite secte ­ une de plus ­ est totalement contre-productif. Mon "parti", c¹est mon secrétariat et les nombreux amis avec qui je collabore dans toute l¹Europe. Je ne veux pas d¹étiquette !

Dans la revue Réfléchir et Agir, vous avez préconisé un "repli" sur l¹action associative, à l¹instar de ce qu¹a fait l¹extrême-gauche. Pourriez-vous développer ce point ?

Ce n¹est pas un "repli", mais une stratégie polyvalente. Il faut des partis, des maisons d¹édition, des associations, des syndicats. Il faut qu¹il y ait dans la société civile une présence de nos idées. Mais toutes les formes d¹action sont nécessaires : il ne faut pas vouloir faire de la métapolitique contre la politique. Toutes les actions, politiques, culturelles, doivent être reliées par une même vision du monde. Ce n¹est pas une stratégie de repli, mais d¹étalement, comparable à celle qu¹ont eu les trotskystes ­ qui sont aujourd¹hui à la tête de l¹État et de l¹Église catholique ! ­ dès les années 60. La droite nationale française est miné par la culture de l¹échec, les petits chefs, les ragots : les différents groupes de musulmans et de gauchistes peuvent se détester entre eux, mais ils ont les uns comme les autres des ennemis contre lesquels ils s¹unissent. Alors que pour beaucoup de personnes de nos idées, l¹ennemi c¹est d¹abord son propre ami politique, pour de simples raisons de jalousie !
Je suis étonné de voir que l¹action associative a si peu été utilisée. Il n¹y a aucune association qui défende les européens ! Il y a bien l¹AGRIF, mais ils font peu de choses, et ils appartiennent trop ostensiblement au Front National, ce qui mine leur crédibilité : SOS Racisme avait su camoufler à peu près son inféodation au PS ! Au moins, la gauche se bouge : regardez Agir contre le Chômage, ATTAC ou Droit Au Logement, qui représentent 5000 personnes en France ! Les gens dans nos milieux sont pour l¹ordre, mais ils sont désordonnés et inactifs, alors que les trotskystes, malgré leur idéologie, sont des gens ordonnés. Il faut se bouger ! Je suis sidéré par la pauvreté de l¹activité associative dans notre camp. Je le répète, il y a du racisme anti-européen et aucune association ne se remue vraiment pour en faire parler !

Que pensez-vous de cette dérive pro-islamiste que l¹on observe dans la droite nationale française, dérive souvent suscitée par un antiaméricanisme nourri d¹antisémitisme mal digéré ?

Cette dérive est avérée. Ils confondent l¹ennemi et l¹adversaire : l¹adversaire c¹est celui qui nous affaiblit ­ soit les Etats-Unis ­ l¹ennemi c¹est celui qui nous envahit concrètement : l¹Islam et le tiers monde. Le plus drôle est que c¹est moi, entre autres, qui, dans les années 70, ai convaincu ce milieu qu¹il ne fallait pas être pro-Américain à fond. Tous les anti-Américains obsessionnels d¹aujourd¹hui étaient alors pro-Américains ! Giorgio Locchi et moi, notamment avec mon livre Le système à tuer les peuples, avons fait basculer dans l¹anti-américanisme Alain de Benoist qui était auparavant américanophile ; pour s¹en rendre compte, il suffit de relire les numéros d¹avant 1975 de la revue Nouvelle École!
Certains souffrent d¹un antisémitisme obsessionnel, doublé d¹une sorte de syndrome de Stockholm qui leur fait aimer l¹ennemi véritable. Les musulmans ne leur en tiendront aucun gré : les "identitaires" français qui ont peut-être admiré les actions attribuées à Ben Laden seront égorgés comme les autres ! L¹Islam est une religion de force qui conduit certains militants nationalistes à se prosterner devant la religion conquérante avec une fascination de colonisé. Mais même s¹ils se convertissent, ce qui est déjà le cas pour certains, ils ne seront jamais, en tant qu¹Occidentaux, que des musulmans de second ordre.
Le pro-islamisme dans la droite nationaliste est assez fréquent. Plus ces gens sont "nazebroques" au sens le plus primaire du mot, anti-Américains au sens le plus idiot du terme, et plus ils sont pro-musulmans, et sans connaître d¹ailleurs l¹Amérique ni l¹islam. Ils sont fascinés par l¹idée néo-romantique qu¹ils se font de l¹islam. Dans des milieux qui se disent radicaux, il y a une réaction infantile : ces gens sont peut-être extrémistes, mais pas radicaux, car les radicaux sont ceux qui vont à la racine des choses. C¹est facile de taguer "US go home" ou "Vive Ben Laden" dans le métro ; ils risquent moins que s¹ils allaient écrire "islam dehors" dans les banlieues.

En tant que journaliste, quel jugement portez-vous sur la sociologie des médias actuels ? Le politiquement correct trouve-t-il ses racines dans le tiers-mondisme des années 50 et 60, dans l¹engagement communiste, ou plutôt dans mai 68 et les années qui ont suivi ?

C¹est un enchaînement ; mais je crois que c¹est le post-68 qui a le plus pesé. Ceux qui tiennent les médias sont des gens de 50 ans, de ma génération, qui ont grandi dans une atmosphère néo-marxiste. Mais il faut savoir que règne chez les journalistes une vraie pensée unique stalinienne : le marxisme a cédé à cet égard la place au tiers-mondisme, puis à l¹immigrationnisme. Pour réussir socialement, il faut avoir une position qui aille dans le sens de la soft-idéologie anti-raciste, immigrationniste et égalitaire (comme au temps de l¹URSS, où il fallait être pro-soviétique). Sachant que même des gens la désapprouvant participent à cette vulgate. Tout le monde voit la vérité dans la rue, tout le monde sauf les élites actuelles, qui jouent les autruches. De grands journalistes, totalement de mes idées, ont signé les pétitions pour les "sans-papiers" : ils m¹ont expliqué que s¹ils avaient refusé, leur carrière était foutue. Il ne suffit pas de n¹en pas parler : il faut se dire anti-raciste, comme il fallait se dire stalinophile dans les années 50.

Charlie-Hebdo avait attaqué Gérard Depardieu parce qu¹il avait refusé de signerŠ

Cela ne lui a fait aucun mal, car il est au zénith. Mais un jeune comédien aurait vu sa carrière sciée. Il faut savoir que beaucoup ne parlent pas par conviction, mais par trouille : ils veulent être du côté du manche. Il faut se proclamer anti-raciste, pour l¹intégration, etc. comme au XIXe siècle il fallait aller à la messe tous les dimanches ! Cela dit, Charlie-Hebdo, dirigé par de "vieux cons", est l¹exemple type du "torchon stalinien et délateur", un "média de flics de la pensée et de collabos", le "degré zéro du journalisme".
Pour que les Européens aient une vraie prise de conscience, au point de conformisme et d¹aveuglement ethno-masochiste où en sont nos soi-disants "leaders d¹opinion", nous avons besoin d¹une crise terrible, qui seule pourra nous donner l¹énergie de nous défendre.

Propos recueillis par Victor Marck
Victor Marck est collaborateur d¹une agence de presse.

Bibliographie sélective de Guillaume Faye :

Le Système à tuer les peuples, Copernic, 1981
Contre l¹économisme, Le Labyrinthe, 1983
La Nouvelle société de consommation, Le Labyrinthe, 1984
L¹Occident comme déclin, Le Labyrinthe, 1984
Nouveaux discours à la Nation Européenne, Albatros, 1985 (nouvelle édition revue et augmentée : L¹Aencre, 1999)
Europe et modernité, Eurograf, 1985
Petit lexique du partisan européen (en collaboration), Eurograf, , 1985
Les Nouveaux enjeux idéologiques, Le Labyrinthe, 1985
La Soft-idéologie (en collaboration, sous le pseudonyme de Pierre Barbès), Robert Laffont, 1987
L¹Archéofuturisme, L¹Aencre, 1999
La Colonisation de l¹Europe : discours vrai sur l¹immigration et l¹Islam, L¹Aencre, 2000
Les Extra-terrestres de A à Z, Dualpha, 2000
Pourquoi nous combattons : manifeste de la résistance européenne, L¹Aencre, 2001
Avant-guerre, L¹Aencre, 2002


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