LA ARMADA INVENCIBLE CONTRA LOS PEREJILES.

Las reflexiones que transcribimos se inscriben en la logica del pensamiento nacionalista euro-centrico y nos proponen una lectura sesgada, inevitablemente tranversal, del conflicto entre Marruecos y España por la posesión de los diminutos islotes denominados historicamente Perejil. Atrás de la lógica de estar en el subcontinente, de establecer un control mas o menos riguroso del espacio, sea este terrestre o talasocratico, se acaricia un sueño imperial por parte de los europeos y cierto inevitable desajuste con el otro imperio, el actual, encarnado en los Estados Unidos de America. Tal vez el enfrentamiento no sea solamente un tema de culturas contrapuestas.
Detrás asoma el rigor codificado de los intereses económicos y en ese aspecto es razonable recordar que en Marruecos se encuentran las reservas gasíferas mas importantes de Africa del Norte y que el aliado oculto de Rabat  es Arabia Saudita fuertemente apoyada por los intereses energeticos anglosajones. Así, la posición exagerada de Aznar con su despliegue hipermilitarizado, submarinos y helicópteros contra seis infantes de marina, exige una lectura mas profunda. Es un reclamo hacia los fondos de la defensa común europea, inexistente por el momento, y a la vez una advertencia inevitable producto de una identidad común que comenzó a marcar su huella en febrero pasado con la entrada en vigor de la moneda, el banco central común, el grupo de paises que enarbolan cierta especificidad europea.
Que esta dicotomía se exprese en un gobierno esencialmente conservador y atlantista como el de Aznar le agrega un clima de ligera incomodidad a las maniobras españolas, supuestamente imperiales, y a las de Marruecos
inspiradas en un irredentismo poco convincente.
Los intereses energéticos se enmascaran detrás de los pretendidos narcisismos heridos.
Pero veamos los tres textos propuestos.


1. Sébastien de GRANDRIEU : Réflexions après la reconquista de l'Ile du Persil
2. Les Etats-Unis et l'affaire de l'Ile du Persil (communiqué de "Democracia Nacional", Barcelone/14 juillet 2002)
3. La doctrine du "Grand Maroc" et la guerre qui va éclater (communiqué de "Democracia Nacional", Barcelone/17 juillet 2002)

Sébastien de GRANDRIEU:
Réflexions après la reconquista de l'Ile du Persil

Victoire !

L'armée espagnole vient de rétablir la légalité internationale et la souveraineté européenne sur l'Ile du Persil (Perejil)!

Félicitations aux Tercios de la Legión Extranjera et de l'Armada !

Les conquêtes de Charles-Quint ne doivent être rendues sous aucun prétexte, en dépit de Rabat, d'Istanbul, de Riad, de Paris ou de Washington !

Merci à l'Algérie, au Danemark et à la Russie d'avoir soutenu cette opération !

Que les Etats-Unis, qui viennent de livrer des F-16 au Maroc par l'intermédiaire de l'Arabie Saoudite, soutiennent le Maroc pour des raisons stratégiques bien évidentes, cela n'étonnera personne.

Que l'Angleterre, fidèle allié de l'ennemi américain, suive le mouvement, comme d'habitude, en livrant, via d'autres émirats du Golfe, tout un matériel léger mais fort performant à l'armée marocaine, ne nous étonne pas davantage, car le géopolitologue Halford J. Mackinder a écrit dans ses ouvrages que la Méditerranée occidentale doit demeurer une zone de turbulences, de façon à ce que l'Europe ne se soude pas. Rien de nouveau sous le soleil.

Mais l'attitude de la France est bien plus surprenante. Chirac s'est proclamé grand Européen, chaleureux partisan de l'unification européenne, mais la stratégie de son pays en Afrique du Nord récemment correspond bien plutôt à la stratégie anti-européenne traditionnelle de la France de François I et de Richelieu. L'option européenne aurait dû impliquer l'abandon de cette stratégie. Hélas, ce ne semble pas être le cas.

La France chiraquienne, dans cette crise, a opté pour un soutien au Maroc agresseur et trafiquant de stupéfiants, au Maroc qui jugule la liberté de la presse parce que cette presse dénonce les corruptions et les caprices d'un
roitelet immature.
Elle soutient les revendications marocaines dans le Sahara ex-espagnol, contrairement au reste de l'UE, empêchant du même coup l'unanimité de l'Europe, ce qui fait le jeu des Etats-Unis.
Elle a fait annuler des décisions des Quinze en ce sens, ce qui constitue une absence de solidarité criminelle à l'égard d'une civilisation européenne, battue en brèche par les agissements américains, turcs et saoudiens.
Elle a refusé son aval aux positions prises par la Présidence danoise de l'UE dans l'affaire de Perejil, ce qui constitue une inacceptable insulte supplémentaire à l'égard du gouvernement et du peuple danois, sans doute sous prétexte que les Danois ne votent comme le voudrait la brochette de crapules parisiennes verbeuses qui pontifient dans les médias de l'Hexagone sans rien connaître de la culture danoise et scandinave.
Cette alliance franco-marocaine, qui rappelle la sinistre et séculaire alliance franco-ottomane qui a laissé dans toute l'Europe les traces de ses orgies sanguinaires, est une provocation très grave et une agression sans précédent contre la civilisation européenne toute entière.
Cette alliance va dans le sens des intérêts américains qui sont évidemment diamétralement opposés à ceux de l'Europe.
Mais cette position de haute trahison civilisationnelle, cette impudence face aux crimes que le binôme franco-ottoman a infligés à tous les peuples européens au cours de l'histoire, cette insensibilité aux souffrances des peuples européens, cette absence de repentance (que la France exige de tous les autres Européens pour des motifs très flous ou carrément construits de toutes pièces) (*), ne nous étonnent guère - après la campagne des philosophes parisiens au service des Etats-Unis en faveur de cette idée "républicaine" et "universaliste" que l'on instrumentalise contre tous les peuples indistinctement et en particulier, au cours de cette dernière décennie, contre la Serbie et en faveur de la Bosnie (résidu de l'occupation ottomane, rendue possible par la trahison de François I), - après les propos scandaleux tenus par Chirac (et son basset Louis Michel) contre l'Autriche au printemps 2000, propos inacceptables relayés par la dénonciation systématique du "populisme alpin" dans les colonnes des gazettes parisiennes, alors que l'Autriche est l'expression la plus sublime de la civilisation européenne et la détentrice de la légitimité impériale, - après les mini-campagnes contre le Danemark et les Pays-Bas, qui devraient s'aligner sur les poncifs de l'intelligentsia parisienne alors que leurs traditions politiques ne retiennent aucune de ces idées désincarnées, - après le comportement impudent et scandaleux de quelques femelles hystériques, échevelées, pseudo-philosophes et fonctionnarisées, dignes avatars contemporains des tricoteuses de la révolution sans-culottes, contre l'Italie lors de la Foire du Livre à Paris, - après cette politique d'ingérence systématique perpétrée par
l'intermédiaire de bateleurs hystériques se prétendant philosophes et insinuant les perfidies de la République universaliste dans les salons de toute l'Europe, il est temps que cette Europe soutienne le peuple réel en France, valorise l'action des Français qui se sont montrés solidaires de la civilisation européenne dans toutes les périodes de l'histoire.

Que l'on songe par exemple aux Chevaliers de Malte, pour la plupart Normands au départ, qui ont organisé la guerre de course pour libérer la Méditerranée des pirates barbaresques, trafiquants d'esclaves européens, et des flottes
ottomanes. En souvenir de ces héros, qui ont lutté efficacement, avec une bravoure inouïe contre les alliés de leurs rois corrompus, félons et criminels (de François I à l'immonde Louis XIV qui a incendié Bruxelles), nous appelons le peuple français - à changer de maîtres, - à participer avec amour et élan à la civilisation européenne plutôt que de
travailler à sa ruine, - à adopter des constitutions civilisées, bien éloignées de cet étatisme liberticide et étouffant, qui jugule la créativité qu'il a toujours été capable de déployer.

Nous réclamons une double solidarité, avec l'Europe en général, avec la latinité espagnole en particulier, dans les heures difficiles que l'Espagne va traverser, pour la défense des Canaries et des postes avancés entre Perejil et les Chafarines, conquis jadis par Charles-Quint et Philippe II.
La reconquête de l'Ile du Persil par l'Espagne nous incite à rappeler la date du 16 juin 1535, où, à la tête d'une armée composée d'Espagnols, d'Italiens et de Germains, embarquée sur une flotte de trois cents voiles, l'Empereur Charles-Quint débarque à Carthage en Afrique. Le 14 juillet, cette armée composée des meilleurs combattants européens, écrase la horde de Turcs qui défendait Tunis. Le 20 juillet, les 33.000 Européens, commandés par la fine fleur de la Chevalerie flamande et bourguignonne (les "Bandes d'Ordonnance" des Pays-Bas, dont nous cultivons le souvenir avec émotion), mettent en déroute les 150.000 soudards de Barberousse (pour tous détails concernant les opérations en Afrique du Nord et en Méditerranée de Charles-Quint, cf. l'ouvrage didactique de Ghislaine De Boom, conservateur de la Bibliothèque Royale de Belgique, Les voyages de Charles-Quint, Office de publicité, Bruxelles, 1957; voir également Jean-Michel Sallmann, Charles-Quint - L'Empire éphémère, Payot, 2000). Un 14 juillet bien plus digne d'être fêté que celui de 1789, où un ramassis d'ivrognes et de tire-laine a pris une forteresse vide, inaugurant ainsi le règne de la logomachie imbécile que nous subissons toujours aujourd'hui.

Cette logomachie, ces discours désincarnés, sont des armes redoutables car elles disloquent les dispositifs et les instincts de défense traditionnels.
Malheureusement, ces reconquêtes africaines Charles-Quint est empereur romain et a, de ce fait, pour mission d'unir la Méditerranée et d'en chasser tous les ennemis de l'Empire qui ont tenté de prendre sa succession< n'ont pas pu se maintenir, vu le harcèlement français en Lorraine, la trahison des princes luthériens de la Ligue de Smalkalde (que le Danemark a réparé en soutenant l'Espagne la semaine dernière), la défaite des troupes espagnoles à Mostaganem en Algérie en octobre 1558.

Les instructions laissées par Charles-Quint sont des leçons de politique, que nous devons toujours garder en tête, en même temps que celle des grands classiques de la politique comme les maîtres antiques (grecs, romains et chinois), Machiavel, Hobbes, etc. Ces instructions nous rappellent des vérités, comme la nature parjure de la France de François I et de Henri II, toujours irrespectueuse des traités signés et de la parole donnée (une constante que Chirac a réveillé en excitant les esprits contre les Etats héritiers de Charles Quint comme l'Autriche en 2000 et l'Espagne actuellement). Ces deux rois vaniteux, travaillés par une haine inextinguible de l'Empire, sont les fossoyeurs de l'Europe traditionnelle et impériale. Les instructions claires et limpides de Charles-Quint insistent sur la nécessité de contrôler la Méditerranée occidentale de manière très serrée et de ne pas laisser se développer sur la rive sud une puissance militaire trop forte ni, a fortiori, une flotte capable de tenir l'Europe en alerte ou, pire, en échec. La diplomatie et les militaires espagnols semblent encore parfaitement conscients des instructions claires données
jadis par Charles-Quint et les ont mis en application à Perejil, ce 17 juillet. En Méditerranée occidentale, on ne tergiverse pas, car la rançon de toute négligence, c'est la mort politique, par conséquent, seules les réponses dures et musclées sont de mise dans cette zone, que les Etats-Unis soutiennent ou non les héritiers des pirates barbaresques, trafiquants d'esclaves. L'Espagne a appliqué les instructions de Charles-Quint. Méditer les vicissitudes de l'Empire sous Charles-Quint nous permet de dégager d'autres axiomes encore:

× Pas de querelles idéologiques entre Européens, la Réforme, et son instrument militaire, la Ligue de Smalkalde, ont servi les Barbaresques et les Ottomans, les Français et même la Papauté quand elle tirait dans le dos de Charles-Quint , en dépit de son catholicisme affiché. L'échec du projet impérial de Charles-Quint est largement dû à la misère intellectuelle d'un christianisme devenu fou, obnubilé par des querelles théologiques sans objet. Comme le dit Robert Kaplan, l'écrivain américain actuel, il n'y a pas de "leadership" politique possible sans une éthique païenne (pré-chrétienne ou pré-musulmane). L'émergence du protestantisme et de ses sectes aberrantes et l'effondrement du catholicisme dans la corruption témoignent clairement de l'incapacité du christianisme à structurer l'Europe, qui est romaine et augustéenne, ensuite, en une lumineuse synthèse, germanique et gentilice, et non pas autre chose. L'humanisme d'après la chute de Constantinople en 1453 a tenté de renouer avec la continuité antique : c'était la politique qu'il fallait suivre, notamment avec Machiavel et ceux que l'on va nommer les "tacitistes" ou les "annalistes", qui réclamaient des Annales d'Empire semblables à celles de Tacite ou de Tite-Live. Le principal théoricien "tacitiste" était Juste-Lipse, natif d'Overijse et archiviste auprès des rois d'Espagne après Charles-Quint. Paradoxalement, l'option "tacitiste", l'option consistant à faire mémoriser par les collégiens les annales de
l'Empire (comme en Chine), a été mieux véhiculée par les enseignements catholiques, dont la rigueur mérite d'être sauvé et du moralisme de la religion chrétienne pure et du naufrage programmé de l'enseignement, auquel
nous assistons aujourd'hui.

× Les instructions de Charles-Quint signalent aussi l'importance stratégique capitale d'une terre impériale, lotharingienne et bourguignonne, la Franche-Comté, glacis situé en face de la trouée de Bâle (ou de Belfort),
unissant les bassins du Rhône, du Rhin et du Danube et maillon central du sous-continent européen depuis César. L'Europe découle de la culture préhistorique du Michelsberg ou des cultures danubiennes pré-celtiques, nées
dans cette région cruciale. Charles-Quint tenait à tout prix, sans doute sur les conseils de son ministre Granvelle, natif de Besançon, à conserver cette province, le plus ancien héritage de Bourgogne qui lui restait.

× Les campagnes militaires de Charles-Quint, et l'opération de Perijil la semaine dernière, nous montrent également que l'Europe doit disposer de forces navales et terrestres bien coordonnées en Méditerranée .

Les concepts figés, héritage des révolutionnaires sans-culottes et jacobins, tentent toujours de surplomber et d'oblitérer le réel, fait de durée et d'espace, en prétendant à une excellence théorique pure, intellectuelle et
spéculative stricto sensu, que rien ne doit venir prouver ni étayer (car rien de concret et de substantiel, donc d'historique et de vital, ne peut prouver la véracité de ces dogmes et slogans). Face à ce déploiement
phraséologique, la diplomatie classique, plus complexe, plus liée à des quantités de souvenirs historiques difficiles à résumer lapidairement (d'où la pertinence du "tacitisme"), éprouve des difficultés à s'exprimer et risque, à tous les coups, de perdre la bataille médiatique, où seules triomphent les affirmations aussi gratuites que lapidaires. Il est plus facile de dire que l'Espagne se crispe déraisonnablement pour un îlot sans valeur économique, de rire du déploiement de la marine espagnole, que d'expliquer tout l'enjeu de ces postes nord-africains et surtout tout
l'arrière-plan historique, oublié depuis que l'histoire n'est plus enseignée dans les écoles.

Quelques slogans de facture "républicaine" ou "universaliste" permettent d'effacer toute la richesse d'une argumentation historique et vitale, concrète et substantielle: c'est là que nous pouvons mesurer le déclin de
l'Europe. L'idéologie républicaine en porte la plus lourde responsabilité, et se référer à cette idéologie constitue, plus que jamais, un crime impardonnable contre l'esprit. Et, partant, contre l'humanisme, qui voulait
renouer avec la continuité antique, rompue par un certain christianisme.

Ôter à l'homme sa mémoire, briser les continuités qui vivent en lui par la tradition (trans-dare), est un crime contre l'humanité. Un vrai. Le pire.
Celui que commettent ceux qui, dans les salons et les rédactions parisiennes, par le truchement d'une novlangue orwellienne, prétendent être les boucliers de l'humanité contre les crimes censés la frapper dans un
avenir somme toute bien hypothétique. "La vérité, c'est l'erreur". "L'esclavage, c'est la liberté".

La novlangue a entraîné la mort de centaines de milliers d'enfants irakiens (alors que les locuteurs de cette novlangue se disent "anti-racistes" et condamnent avec virulence des calembours qui ne tuent personne), des
milliers de civils serbes et kosovars, des milliers de soldats et de civils russes dans la guerre contre les terroristes tchétchènes et les attentats consécutifs à Moscou, des milliers de Rwandais tutsis étripés avec les
machettes livrés par les services de Mitterrand, des milliers d'Algériens dans une guerre civile que l'on entretient vicieusement pour créer une zone de turbulences en lisière de l'Europe. Cette idéologie est bien universaliste. Elle universalise plus sûrement les crimes contre l'humanité


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