¿LA UNIÓN EUROPEA MIRA HACIA EL PACÍFICO?
 

 

Junio de 2006

por Françoise Nicolas, économiste, Centre Asie Ifri


Este inteligente análisis del IFRI peca sin embargo de cierta desinformación. A nivel industrial y tecnológico el desacuerdo geopolítico entre China y Japón ha pasado a segundo termino la cuestión. La han puesto en la congeladora. También los intentos de crear un bloque asiático subregional no solo está en marcha sino que incluyen a mas de 40 países, incluso algunos de ellos de la Asean. Finalmente ,un solo actor latinoamericano se ha filtrado inteligentemente en el negocio de la nueva esfera de Coprosperidad del Pacifico y es Chile. Pero la clave del asunto es que los europeos no pueden permanecer a la espera de que la OMC consolide sus esfuerzos contractuales en la región y en ese sentido Francia ,tal vez la última nación europea con una geopolítica autocentrada, impulsa potenciar bilateralmente los acuerdos entre el bloque europeo y el asiático.


A seguir...

 

Longtemps restée à l'écart du mouvement de prolifération des accords commerciaux régionaux, l'Asie de l'Est est récemment entrée dans la danse. Alors qu'aucune économie de la région n'était signataire du moindre accord de libre-échange en 1997, pas moins de 19 accords y ont été signés depuis et plus de 15 autres sont actuellement en cours de négociation, sans parler de ceux qui n'en sont qu'au stade des études de faisabilité. De par sa petite taille, Singapour a été l'une des premières économies de la région à être entraînée dans cette frénésie (la ville-État a, pour l'heure, signé neuf accords et en négocie neuf autres), rapidement imitée par la Thaïlande et la Malaisie. Même la Corée et le Japon, qui sont pourtant traditionnellement de fervents défenseurs de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et du multilatéralisme, ont cédé aux sirènes du régionalisme commercial. Ces accords lient certaines économies asiatiques entre elles (Japon-Malaisie, Chine-ASEAN (Association of Southeast Asian Nations), Japon-Singapour par exemple) mais peuvent aussi impliquer un partenaire non-asiatique (Corée-Chili, Singapour-États-Unis par exemple).


Si la crise financière de 1997-1998 explique pour partie l'intérêt envers de nouvelles formes de coopération régionale, l'échec de la conférence de Seattle (novembre 1999) et les difficultés du cycle de négociations de Doha ont indéniablement accrû l'attrait pour l'approche régionale au détriment du multilatéralisme.


Faut-il s'inquiéter de cette effervescence?

 

Contrairement à ce que certains peuvent redouter, le risque d'émergence d'un bloc asiatique est faible: tout d'abord les différentes initiatives ne reflètent pas un dessein structuré, d'autre part les difficultés des grands acteurs que sont le Japon et la Chine à s'entendre, rendent cette perspective improbable. Les coûts ne sont cependant pas négligeables pour le système commercial multilatéral et pour l'OMC. Premièrement, il ne fait aucun doute que la dynamique de libéralisation multilatérale a perdu du terrain. Or la prolifération des accords de libre-échange complexifie la situation sur la scène commerciale mondiale, dans la mesure où les dispositions des différents accords créent des statuts dérogatoires et ne sont pas nécessairement cohérentes les unes avec les autres. D'autre part, la libéralisation commerciale régionale ne constitue qu'un optimum de second rang. La théorie économique nous enseigne en effet que de tels accords sont porteurs d'effets négatifs dans la mesure où ils peuvent engendrer des détournements d'échanges venant annuler les effets positifs de création d'échanges. En outre, les efforts déployés dans de tels pourparlers risquent de peser sur la capacité de certains pays à s'engager dans des négociations multilatérales.


Du point de vue de l'Union européenne (UE), cette dynamique est toutefois inquiétante pour de tout autres raisons. Même s'ils diffèrent les uns des autres dans le détail ou encore dans le champ qu'ils couvrent, les accords de libre-échange sont par nature discriminatoires. Pour les pays qui n'y participent pas, le risque est donc grand de se retrouver en position défavorable par rapport à des concurrents potentiels signataires des accords en question. L'existence d'accords entre économies asiatiques, ou entre certaines de ces économies et les États-Unis, induit le risque d'une marginalisation de l'UE, défavorisant les producteurs européens dans la guerre de conquête qui les oppose à leurs homologues japonais, coréens ou américains. Le cas de l'automobile en fournit une excellente illustration. Les producteurs européens sont aujourd'hui relativement peu présents dans ce secteur en Asie; il serait regrettable que la mise en place d'arrangements préférentiels en faveur du Japon ou de la Corée entrave un peu plus l'accès à ces marchés dont le potentiel de croissance est élevé.


L'UE ne peut rester sans rien faire face à ces grandes manœuvres. Il lui appartient de s'engager elle aussi sur la voie de négociations bilatérales avec ses principaux partenaires asiatiques, avec pour objectif essentiel de (désamorcer) réduire un éventuel avantage acquis par le Japon ou la Corée dans la région. L'Asie est la seule région avec laquelle l'UE n'a pas encore négocié; il est grand temps pour elle d'entamer le dialogue avec l'ASEAN ou encore la Corée. Cela ne l'empêchera pas de continuer à militer en faveur du cycle de Doha mais il ne serait vraisemblablement pas judicieux de vouloir attendre qu'un compromis soit trouvé à l'OMC pour commencer à négocier avec l'Asie de l'Est.

 


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